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  BRACCIANO 2007... Part.3
Transmis par: TheOne! actif Jeudi, 17 Avril 2008 @ 00:00
Quand la donne change...

Enfin, après trois jours de session chargés, nous voilà sur les rails... la machine est huilée et rien ne semble pouvoir l'arrêter! Pourtant, nous ne le savons que trop bien, ces moments là sont éphémères et, en grands lacs plus qu'ailleurs, il faut savoir tirer profit de la moindre chance...


Diamètralement opposés à nous, la team alsacienne a commencé à touché des poissons. Potamot et sa tigresse ont échoué une 16kg, Daniel a récupéré le repère volé le premier jour et a décidé de faire les courses pour fêter ça, Saturnin et Briseur cherche encore leur voie... malgré l'activité soutenue et les prises encore trop rares, ils savent, confiants, que les 250 kilos de billes sur lesquels ils dorment depuis 3-4 jours seront bientôt une arme fatale! Vince et Gwen en sont réduits à étudier de plus près tout ce qui pourrait expliquer que Vince touche poisson sur poisson alors que Gwen se touche tout court... A ce jour, la question demeurre: souple ou rigide? Gwen est à bout mais ne s'abisserait pas encore à demander l'un des montages de Vince...



Coco et Jonathan se sont posés dans une grand baie immense qui s'étend entre notre bambouseraie du premier jour et la pointe embrumée (cf Part 1&2). Lors de notre passage en bateau, les fonds ne nous avaient pas semblé prometteurs car trop encombrés de végétation en tout genre... L'hypothèse semblait se vérifier, à la vue des résultats du binôme du 68! Chez nous, l'ivresse et l'euphorie du moment nous empêchait de dormir... Voyons voir: il reste 5 jours de session, à 5 fishs par jour... on peut décemment espérer taper du boeuf!!! Mais comme je l'ai dit, c'est lorsque tout semble aller pour le mieux qu'il faut imaginer le pire...



Une session en grands lacs ne s'improvise jamais... tout est minutieusement imaginé, préparé et consigné. Consciencieux jusqu’au bout, Nico et moi avions consulté la météo avant notre départ et savions que la journée de mardi ferait charnière dans la session. Officiellement, les premiers jours devaient se présenter comme paradisiaques (ce qui avait été le cas) puis, mardi, de petites ondées en matinée et des averses orageuses en journée devaient se produire… Seule incertitude, que donneraient ces intempéries sur une mer intérieure de 57 km²… ? Nos expériences respectives laissaient penser que la situation serait un poil plus tendue que Météo-online voulait nous le dire... Dans le doute, nous avons renforcé le campement, rentré les abris et solidement « sardiné » l'ensemble. Nico a récupéré des pavetons pour souder son "évolution" au sol. De mon côté, mon abri est incrusté habilement dans la haie de feuillus et chaque arbre est mis à contribution pour solidifier l'ensemble... Nous étions prêt.


Nous étions prêts...


Les autres équipes ont un peu déroulé mais restent loin de nos 6 touches en 24h… il ne faut plus rater le coche !

Entre deux averses sporadiques, la séance photo nous a occupé une bonne partie de la matinée. Graduellement, le vent s’est levé… restés sur leur pointe depuis leur arrivée, Rémi et Pouchou rejoints par P-Y et Eric ont touché deux saussies italiennes! A quoi bon se taper 1000 bornes en camionnettes pour retrouver les joies de la traque de la saussise... Comme le dit Rémi, nous avons les mêmes chez nous! Fort des ces constatations navrantes et envieux d'en découdre avec l'immensité bleue, Rémi, Pouchou, PY et Eric entament une brainstorming... La pêche en bateau, qui a fait la solide réputation des Parisiens, n'est plus imaginable car à le temps commence à se dégrader. Il ne reste qu'un chose à faire: faire une croix sur les sauts et autres manifestations de poissons et bouger, chercher une rupture radicale avec le type de poste pêché depuis le début. A quelques 500m de notre pointe, trône une autre avancée beaucoup plus magistrale et très attirante. Nico et moi avons imaginé que les berges doivent imiter les nôtres. Après avoir évoqué cette alternative, la troupe entame une migration "by boat".



Le cap des 13h vient de passer et c'est stupéfaits que nous assistons à la traversée de la caravane flottante... en arrière plan, le temps commence à sérieusement se couvrir mais nous sommes encore dans le soleil… A peine la pointe dépassée, les choses se gâtent: le vent et la houle rendent rapidement impossible toute navigation. Pouchou et rémi accostent et se posent dans le cul de la baie de Nico... Stratégiquement, cela nous paraît un peu délicat: en effet, Nico exploite l'entrée de baie, dés que les fonds deviennent exploitables, coupant le poisson qui se dirige vers le fond de baie... Qui ne tente rien...! Quant à P-Y et Eric, ils tracent jusqu'à la pointe promise. Maintenant, le mauvais temps a tourné au grain... bourrasques, éclairs et averses se multiplient.



Vers 15h, l’orage tant redouté arrive et s’abat sur Bracciano avec une rare violence et soudaineté ! En quelques secondes, le chateau de Bracciano disparaît derrière un mur opaque qui progresse à grande vitesse vers... nous! Nico m'a rejoint et campés sous mon abri, nous laissons passer la crise qui durera 1h30… A chacun de ces moments, je me repose les mêmes questions: la tente tiendra-t-elle? Combien de temps cela va-t-il encore durer? Comment la nature peut-elle se déchainer à ce point? et enfin... qu'est ce que je fous dans cette galère?







Dès la première rafale, mon bateau est soulevé et projeté dans mes cannes, s’emmêlant dans les fils. D'abord persuadé qu'il s'agit d'un run, j'ouvre la toile de tente et m'aperçoit avec effroi que c'est le jumbo qui a attrappé tous les fils et qui fuit inexorablement au rythme du vent... Nicolas tente alors une sortie extrême pour bloquer les freins et immobiliser le jumbo à 250m en pleine eau. Lui aussi a failli perdre son zodiac avant de venir me rejoindre. Bien abrité sous les arbrisseaux, mon biwy tient le choc. C'est fou comme le temps prends son temps dans ces instants...


L'acalmie...façon de parler!


Puis c’est l’accalmie… 2h de tranquillité pendant lesquelles nous faisons l'état des avaries et le tour des collègues disséminés sur les berges pour s'assurer que les dégâts ne sont que matériels. Le bilan est lourd... biwy cassé, bateau coulé, détecteurs noyés... mais aucune perte humaine ;o) De mon côté, une canne au scion cassé dans l'aventure et 200m de tresse fusillés... chez Nico, les mâts tempête Fox indestructibles pliés en 2! La trève est de courte durée: un nouveau passage moins violent mais tout aussi impressionnant s’éternisera jusqu’à 23h… Entre ces deux épisodes, impossible d'agir sur les montages: d'une part le vent violent nous interdit la navigation et d'autre part les éclairs continuent à tourner autour de nous, accompagnés de vrombissements au loin... En revanche, vers 23h, la situation s'apaise... durablement. Malgré tout, je ne suis pas tranquille et décide de ne pas passer la nuit dans cet état d'anxiété. Par précaution, je remonte mes cannes et pars redéposer les montages en pleine nuit et en plein vent convaincu qu’ils avaient bougé !


Pas de photo pour Nico... qui a relâché son poisson de manière, comment dire,... involontaire!


Au matin, après un retour au calme, ma canne de gauche (encore la même) s’emballe… en route pour le combat ! Je sors un poisson réconfortant de 11kg et au moment d’accrocher le sac à l’ancre m’aperçoit, encore une fois, que "Nicolas la gâchette" avait déjà frappé… Bilan deux nouveaux poissons de 11 et 4kg auxquels vient s’ajouter un poisson de 7kg vers 11h30. Les éléments déchaînés ont certainement dû perturber le comportement des poissons. Après la classique tournée SMS, nous constatons que notre poste a encore donné un peu plus que les autres. Celui-là il ne faut plus le lâcher et lui sortir les vers du nez! Pourtant, sur le terrain, les données ont encore changé...



La houle rend la navigation périlleuse...


La houle est devenue puissante et nous empêche clairement de tendre proprement. Les creux de 1m sont impressionnants. Du bord, j'observe Nico qui tend les lignes: je le vois apparaître, disparaître puis réapparaître sans cesse. Sur le bateau, on se rend moins compte du danger de la situation. C'est pour cela que nous abrègerons la dépose et reverrons notre stratégie. Après réflexion, nous imaginons que les rouleaux doivent rabattre et remuer la nourriture tout en dislocant un peu les herbiers... Dans la journée, nous tenterons de rapprocher les cannes dans de moindres profondeurs en imaginant que les poissons se seraient rapprochés du bord… en vain.


Demain est un autre jour...


A suivre...

Bracciano 2007... Part.4: Abattus en plein vol!
BRACCIANO 2007... Part.3
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