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  BRACCIANO 2007... Part.4
Transmis par: TheOne! actif Lundi, 28 Avril 2008 @ 11:00
Abattus en plein vol...

Nous sommes encore trempés de la veille mais remontés à bloc car même si tout est parti en vrille, les poissons sont restés fidèle à notre secteur! En plus, comme toute session en grand lac comporte une grosse galère, dorénavant nous étions tranquiles... De mon côté, j'ai remplacé ma canne cassée par ma shadow de 1991... Ahhh on a cherché à ma tester...? et bien voilà la réponse à l'affront!!! La shadow n°54 est de retour et il m'apparaît clair que ce sera son jubilé... Va falloir assurer un max cocotte...


Episodes précédents
  • Bracciano 2007: tutti va bene...
  • Ce sera 2 sans 3...
  • Quand la donne change!
    Forts de nos dernières 24h, nous abordons la journée avec enthousiasme et détermination. Première pré-occupation: les appâts! Il nous faut de la cam'... La veille nous avions passé "h à charier quelques 80kg de bouffe diverse et variée... nous avions désormais de quoi faire et il était hors de question de faire le trajet dans l'autre sens avec autant de poids! Après avoir un peu dégrossi la situation, Nico et moi arrivons à la même conclusion: nos bouilettes, une fois lancées à l'eau, doivent se disperser et rouler. vu que le fond passe de 16 à 25 mètres lorsque nous nous éloignons de 5m, le nombre de bouilettes restant doit vraiment etre ridicule. Nous décidons de couper les bouillettes en morceaux afin de réduire cette dispersion involontaire. Nous avons passé notre après-midi à couper près de 10kg de bouillettes en 2 pour éviter qu’elles ne prennent la pente et s’éloignent dans les abysses. La journée est vite passée et pas une touche à l'horizon. Tout se jouera sur la nuit.

    Revenons quelques instants sur la situation du lac au lendemain de ces averses orageuses (sic!)... Les autres équipes, de leur côté, ont fait le point des avaries et tout semble reprendre sa place... en fait, on dirait que ce qui a pris le plus grand coup dans l'histoire, c'est le moral! à notre droite, Rémi et Pouchou ont fait (pou)choux blanc (désolé...!). Idem pour Eric et P-Y. Gros coup du sort, alors que nous sommes en pleine houle et en plein vent, sur leur berge, Gwen et Vince sont au calme total... le hic c'est que les poissons qui venaient visiter leur bordure citadine ont l'air d'avoir pris la poudre d'escampette avec l'orage... enfin c'est ce que les 12h premières heures semblent indiquer! Coco et Jonathan sont toujours au point mort; idem pour le team Vodkarp... Je pense surtout à eux! Ils n'ont pas vu l'ombre d'un fish, ceci au prix d'efforts non négligeables et là, il prennent un seau d'eau froide sur la tête... dur dur de rebondir! Le reste des Alsacos prend tout ça à la rigolade... il faut dire que Briseur vient de faire installer un SPA à l'arrière de sa tente et qu'un sifflet y a élu domicile: leur matinée sera consacrée à faire sécher, réparer et écoper... Toute la troupe est occupée à panser ses plaies dans une ambiance assez joviale...


    Ecopage obligatoire...!


    Mais comme dirait la voix off de "La nuit des héros": Et là.... c'est le drame!

    Vers 16h30, Pierre-Yves nous a rejoint pour disputer le bout de gras. Nous venons de reposer les montages avant la nuit, dans des conditions un peu dantesques mais praticables... Soudain, alors que la discussion allait bon train, nous assistons à l'arrivée impromptue de trois Italiens qui déboulent tranquilement de la forêt vierge... L'un des Italiens arbore de bas en haut des jambes galbées, une forte poitrine et une chevelure blonde qui flotte au gré des rafales de vent... Il faut dire qu'après 5-6 jours d'isolement, une telle vision à tendance à vous émoustiller quelque peu...! Dans nos trois tête, la réflexion est la même: vraiment, l'uniforme lui va à ravir! Hien? Quoi? L'uniforme...? Et ce petit écusson sur l'épaule... c'est quoi? Oulahhh la garderie a débarqué! Et voilà nos trois gaillards qui commencent à déblatérer un torrent incompréhensible. Personellement, je suis encore scotché à ma vision de cette vénus venue égailler notre séjour... Mais le ton montant d'un cran, je m'éveille... De notre côté, personne ne parle l'italien. Du leur, pas un mot de français, ni d'anglais, ni d'Allemand... A priori le CV pour être garde en Italie n'a pas l'air chargé! Après avoir ralenti le rythme verbal, nous arrivons à décoder que nous sommes sur un parc naturel; très dur à imaginer lorsque l'on voit les berges saccagées de sacs poubelles et autre ordures en tout genre... Bref, et blablablabla... et bliblibli... et blablobli (très facile en fait l'italien!)... Il ne nous faudra pas longtemps pour comprendre que nous avons été balancés par des locaux qui, à l’approche du WE prolongé, s’inquiétaient de voir tous leurs postes pris par des français… Malgré la barrière de la langue, le message fut clair : « nous repassons dans une heure, vous devez avoir quitté les lieux ! ».


    Baie de Coco et Jonathan... le calme plat!


    Wahouuuu... ça calme! Immédiatement, telle une troupe de soixante-huitards sur le retour, nous remettons en question les pouvoirs de la police locale et leur légitimité sur de pauvres étrangers de passage, que dis-je! des tourristes... Mais rapidement nous retombons sur terre et préférons nous éxecuter. Eric est chargé de transmettre le massage au reste de la zone: gros problème pour PY, Rémi et Pouchou... le vent est tel qu'ils ne peuvent rentrer "by boat"'... deuxième hic, derrière eux, le seul chemin qui s'engage est clos par une barrière cadenassée à 1km de là et difficilement franchissable chargés comme des bourriquots! Il faut quitter les lieux... mais eux ne peuvent pas!

    Ce n'est que quelques minutes plus tard que nous eûmes confirmation de notre pressentiment… En plein rangement mais encore 2 ou 3 montages à l'eau, une barque arrive péniblement sur le poste dans l'obscurité tombante. Elle passe au dessus de mon poste et file vers la pointe. Là, l'unique passager se rend compte que nous sommes sur la berge et se rapproche pour prendre contact avec nous. C'est encore un rital pure souche (normal vous me direz...) qui nous agresse d'un verbe aussi mélodieux qu'aimable mais toujours aussi incompréhensible. Je laisse cette inergue humaine en pleine discussion avec Nico pour continuer de ranger mon matos.
    Le gars fait clairement comprendre à Nico que si nous ne bougeons pas de son poste, il pourrait nous arriver bricole! texto:"il lago peligrosso!!!"... Puis il fait demi-tour, plonge son moteur à l'eau et part balourder du maïs dur et sec, sans oublié de croiser et embarquer les quelques montages que Nico avaient laissés le temps de la joute... Quelques jours auparavant, nous avions déjà vu une équipe d'Italiens amorcer au maïs non trempé en grande quantité. Voilà pourquoi nous retrouvions de temps à autre du maïs dans nos sacs. Le deuxième coup de massue est un peu plus rude que le premier. Autant je sais jouer avec la garderie, autant je n'ai pas vraiment envie de retrouver mon partenaire éventré en train de sécher au soleil! (Ok j'éxagère certainement la barbarie des otoctones...lol). Conclusion de cette soirée: les ritals ont prévu leur WE de la Toussaint sur les bords de Bracciano et nous squatons allègrement leurs postes. Aux grands maux, les grands moyens: dénonciation générale auprès des carabinieris... ça me rappelle une triste époque où l'Italie n'était pas à son avantage! D'un autre côté, notre dernier interlocuteur était déjà assez laid comme ça sans lui rajouter une tonte capillaire... Après 3-4 SMS, nous nous rendions compte que la dénonciation avait été générale et que plusieurs équipes avaient été invitées à déménager pour laisser la place à des Italiens… On se croirait revenus dans la cour de récréation quand les grands du CM2 ne voulaient pas nous laisser jouer aux billes et que nous venions chouiner dans les jupons de la maîtresse... Ennnnfinnnn! la question demeurre: que faire cette nuit?


    Impasse en terre hostile...!


    Nico et moi avaons tout plié, chargé les bateaux à ras bord, contraints de déménager en une fois les kilos de bouillettes... Nous trainons les bateaux le long de la berge jusqu'au camion, garé à quelques 800m de là. Là, Rémi et PY nous rejoignent pour nous confier les clés. Après avoir patienter une bonne heure, les voilà qui arrivent... mais pas les mains vides! Aussi étonnés que nous, ils ont trouvé sur leur chemin un moteur électrique datant de la guerre. Croyant que c'était le mien, ils l'ont ramassé et me l'ont ramené. Ai-je réellement la réputation d'être équipé comme un cutéreux? Après les avoir rassurés sur mon matériel, nous voilà avec un moteur en rabe! Pas grave, on le charge dans le camion... il servira bien à quelqu'un! quelqu'un qui n'a pas réussi professionnellemet, un SDF... John même! Très vite le matos est chargé dans le 12m3 vide et nous partons, affamés, à la recherche d'une pizzeria... Choux blanc! nous atterrirons sur le campement de Gwen et Vince. Vince dort déjà mais Gwen nous accueille réveillé. Une glace et une bière dan sle village et zou! au lit... Ils sont vraiment bien instéallés les cochons et, comble de l'histoire, n'ont pas été dérangés par la garderie alors qu'ils trônent en plein village...! Programme du lendemain: petit déjeuner avec nos hôtes, prise en charge du reste de la team Rhone Alpes et topo avec toutes les autres équipes éjectées en bonne et due forme chez François, Mathieu, les Potamotes et Daniel...


    En pleine ville et impunément indiscrets...;o)))


    La nuit a été bonne et calme... je remercie Gwen et Vince d'avoir laissé leurs dtecteurs au repos l'espace de 10 heures... nous sommes reposés et nous allons en avoir besoin!

    La journée commence par un copieux peit dejeuner fait de patisseries locales chargées de crème, puis 1h d'efforts pour rapatrier Pouchou, rémi et les Parisiens (non sans l'aide d'un papy local débauché par Pouchou et qui nous prêtera sa camionette à trois roues...). Enfin, arrivée sur les berges est du lacs pour le café et le debriefing... Le vent semble être moins fort de ce côté du lac. Nous déboulons de la bambouseraie qui borde leur poste et là, l'accueil est un peu plus froid que prévu: François est en pleine discussion avec deux zigues. L'un des deux me voit et me désigne du doigt, cash! Tous les regards se tournent alors vers moi... Nous nous rapprochons et disons bonjour. Vanessa me lance un regard accusateur et me dit:" Sincèrement si c'est vrai, vous êtes vraiment nuls...!" (ou un truc du genre...). Un peu surpris par la situation, nous nous rencardons et François (interprète officiel de l'aventure) me dit que l'Italien ici présent préntend que je lui ai volé son moteur, moi! Une tronche comme ça ne s'oublie pas! c'était le zouave de la veille... Explications dans tous les sens... le moteur que Rémi et PY avaient trouvé dans la vase n'était que le sien, oublié dans la nuit... Bref, tout s'éclaircit, son moteur ancestral, nous allons lui rendre et il va nous lâcher la grappe, non? La polémique réglée, nous arrivons au vrai débat: qui fait quoi? Nico et moi restons sur le lac, Remi et Pouchou restent aussi et remettent le couvert sur leur premier poste, PY et Eric lâchent l'affaire, tout comme Vodkarp, Coco et Jonathan... En guise de remotivation pour les uns et d'au revoir pour les autres, nous déjeunerons au resto avec en guest star: Daniel, dit Dany, dit le génie... Un grand moment!


    Daniel et Vanessa... ambiance garantie ;o)


    Nico et moi décidons de ne pas abandonner notre poste et de revenir sur les lieux mais un peu plus excentrés et seulement de nuit... L'après midi sera consacrée à la mise en place du plan...
    Il fait nuit tôt mais nous avons déjà dîné, histoire de n'avoir qu'à penser à la pêche lorsque le moment sera venu. En moi, je fulmine: dire que je me suis tapé 1000 bornes pour me retaper les mêmes galères qu'au Der! Seul avantage à cette situation, les Italiens n'imaginent certainement pas le vice et la perfidie qu'un petit frenchy peut mettre en oeuvre lorsqu'il est acculé par les réglements et les interdictions... Nos nombreuses précautions nous assurent pour la nuit une tranquilité absolue! Rémi nous dépose avec le camion à une mise à l'eau... enfin façon de parler! 50m de descente boueuse et caillouteuse difficilement praticable. Le matos, réduit à l'extrême, est chargé dans le jumbo... un bateau, deux batteries, de quoi manger et boire sur 36h et c'est tout! Niveau appats, le strict minimum... on ne nous y reprendra plus!

    Arrivés sur le poste, le débarquement est méthodique et organisé... En 1h, les 6 lignes sont tendues dans des eaux plus ou moins connues. De mon côté, je rempile sur mon arrivée d'eau et mon echo inexpliqué... les deux autres sont posées à l'inspiration et au gré de la houle! Chaque canne reçoit une gamelle de bouillettes coupées. Nico explore les moindres profondeurs... la baie de gauche est en pente plus douce et sableuse: ça craint! Tout est planqué sous le feuillage, jumbo compris.


    Il ne manque plus que le cirage sur les joues...


    Ce soir, nous dormons au bord de l'eau, cannes tendues... 200m à droite de l'Italien aigri, qui n'imagine même pas que nous puissions être revenus!



    A suivre...Bracciano 2007... Part.5: La chance sourit-elle aux audacieux?
  • BRACCIANO 2007... Part.4
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