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  «Du rêve à la réalité il n’y a qu’un pas» 1ère partie : Un lac oublié
Transmis par: ESOX actif Samedi, 10 Janvier 2009 @ 08:25
Coincé dans une société qui nous possède, assouvir notre passion devient de plus en plus compliqué. Travaillez plus pour gagner plus, travaillez plus pour dépenser plus, bref, perdons notre temps à enrichir l’état et on nous dira peut être merci le jours de la retraite venu. Le temps et l’argent sont certainement les deux plus grosses contraintes que rencontre un passionné de carpes de nos jours. Cela fait bien des années que ces contraintes m’empêchaient de réaliser mes rêves, mais aujourd’hui j’ai le privilège de sortir de mes études et de ne pas avoir encore intégré la vie active. C’est donc la meilleure période de ma vie pour me permettre ce que je ne pouvais pas par le passé et ce que je ne pourrais certainement pas me permettre à l’avenir.

Une grosse session se prépare et pour une fois aucune barrière ne se présente à l’horizon ….



Plusieurs mois de préparation :

J’ai tout l’hiver pour choisir mes destinations. Grands lacs de plaine, fleuves, lacs de barrages, rivières … je suis ouvert à tout à partir du moment ou ces eaux restent publiques avec une pression de pêche relativement faible. Pendant ce temps, je bosse, je cherche à gagner un maximum d’argent en un minimum de temps. Je trouve un petit boulot de nuit dans une usine du coin et c’est partit pour 4 mois de préparation mentale.
Très vite mes recherches portent leurs fruit, les infos tombent et en 1 mois j’ai déjà une liste impressionnante d’eaux hébergeant de très belles populations de carpes relativement délaissées pour diverses raisons. Les choix sont difficiles mais inévitables car il est tout simplement impossible d’exploiter une trentaine d’eaux différentes sur seulement quelques mois de pêche.
Les mois passent, je passe mes nuits à fabriquer mes 582 pièces dans cette putain d’usine, mais dans ma tête, je suis déjà en session …


Jour J :

Nous sommes le 6 avril, je viens de démissionner et je suis enfin prêt pour le grand départ en ce mois du poisson. A l’origine je devais partir seul mais mon fidèle acolyte Matthieu (allias « la brute » au sein de la Team Roots) n’a pas pu résister à la tentation et a lui aussi lâché son taf pour partir à l’aventure à mes côtés. Le camion est chargé à block, j’ai claqué plus de la moitié de mes payes dans un renouvellement de matos et un bon paquet de billes fraîches sont prêtes à être utilisées.
La première destination est un grand lac relativement délaissé à cause de ses voisins bien plus connus. Nous avons une petite idée du cheptel grâce à notre pote Guillaume allias « JeanGuy de tours » qui a déjà réussi à gauler quelques poissons fort sympathiques une année auparavant. Le lac est grand, presque aussi grand que le cœur de JeanGuy qui nous offre sur un plateau, cette perle, non seulement à Matt et moi mais également à Romain, Mika, et Tony.
C’est donc à 6 que débute cette aventure, pendant les 10 premiers jours …


Enfin, on y est !



Par où qu’on commence ???

Le lac est vaste et pas question de rester « groupir » ! Chacun partage toutes les infos qu’il a pu trouver sur le lac et en début d’aprèm commence la prospection. Pour des raisons pratiques, Matt et moi commençons la pêche sur le même poste car l’après midi a été bien trop court pour repérer correctement tout le lac. La nuit est calme et au matin, seul un petit poisson vient montrer son nez sur une canne que Matt avait placé le long d’une petite roselière.
Petit coup de fil aux autres pour prendre des nouvelles :
Tony décroche un fish, JeanGuy met au sec une 12kg et une 13kg, Mika encule les mouches et Romain ne perde pas de temps en enchaînant 6 communes de 10kg à 15kg dans la matinée.
Il est temps pour Matt et moi de trouver les fish ! C’est d’abord la brute qui par en éclaireur, tandis que je garde le poste. Il part deux bonnes heures durant lesquels j’ai la visite de Jean, un hollandais ne parlant absolument pas français et qui lui aussi pêche la carpe.
Celui-ci connaît très bien le lac et pour cause, il a habité pendant 1 an sur ses berges pour des raisons professionnelles. Le retour de Matt est plus que bienvenu et le dialogue (un mélange de français, d’anglais, de dessin et de langage des signes) s’approfondie, à tel point que jean passera la journée entière avec nous. Il nous confirme que ce lac héberge une très belle population de carpes et qu’il reste sous pêché, avant de nous montrer de magnifiques spécimens qu’il a eu la chance d’attraper sur le lac. Il fini par nous montrer les photos des poissons qu’il à prit la nuit passée à environs 1km de notre poste et c’est littéralement bouche bée que je découvre la série de psychopathe que ce p’tit saligo nous à mis dans les dents. Pas moins de 8 départs et 6 poissons de respectivement 14kg, 16kg, 18.5kg, 19kg, 21kg, et 24kg en seulement quelques heures de pêches et à 2 cannes !!!!!!


Un cadre qui laisse rêveur …



A six on trouve plus vite les poissons :

Il en fallait moins que çà pour mettre la brute en alerte maximale et quelques heures plus tard je me retrouve seul sur cette grande pointe car le poste de Jean n’est pas exploitable à deux. Bloqué sans thermique, je persiste sur la pointe 3 jours de plus en exploitant 2 nouveaux postes, mais les poissons ne sont pas là … Aucun signe de fish, une topographie assez intéressante mais inappropriée en cette période d’avant fraie et aucune plaque de nénuphars, alors qu’aux nouvelles, tous les fish pris par mes collègues proviennent de ces forêts aquatiques.
Il est vraiment temps de déraper, mais ce n’est pas si simple. Diverses complications m’obligent à attendre encore un peu, mais très vite je pourrais migrer.
JeanGuy et Mika ont changé de poste et enchaînent régulièrement de jolis fish, Tony, blasé par la visite quotidienne des fédéraux, est parti rejoindre le secteur de la brute, et Romain met tout le monde d’accord en cumulant chaque matin de nombreuses touches.

Pas très loin du secteur de JeanGuy et Mika se trouve une petite baie exposée au vent dominant. D’après Mika elle serait difficilement exploitable car le lac est haut et la zone est devenue un véritable marécage. Mais les spots ne manquent pas et çà sent vraiment le fish !!!
Le 11 Avril, j’ai enfin l’opportunité de changer de poste. Je récupère la barque et le thermique de Matthieu et cap au Sud Est du lac. La traversée est longue mais plutôt agréable car sans vent et avec un grand soleil.
Je n’ai toujours pas croisé d’autres carpistes hormis Jean.
A mon arrivée sur la pointe où sont postés JeanGuy et mika je découvre une jolie miroir de 16,8kg prise au matin.




Un nouveau départ !

On boit une petite bière rapido et je décolle vers la baie isolée qui doit se situer à environs 300 mètres de leur pointe. Plus je m’approche et plus je prends conscience que la zone est vraiment « hostile ». L’eau entre dans les terres sur des dizaines de mètres et je ne trouve que quelques « bosses » où je ne peux guère mettre plus d’un bed chair tout en restant planqué. Les insectes sont présent par milliers, les trous de rats par dizaine et c’est plutôt surpris que je me retrouve nez à nez avec deux énormes yacks Island qui semble inoffensifs mais qui pourrait ne pas apprécier la cohabitation avec un chevelu sur leurs espace considérablement réduit. J’accoste sur l’une des petites butes de terre, observe les possibilités de pêche lorsqu’une grosse miroire très sombre marsouine à seulement 30 mètres de moi ! Premier fish que je vois bouger sur ce lac et c’est un bœuf, wouhou !!!! Tampis pour les rats les moustiques ou encore les yack, à partir d’aujourd’hui, Mesa devient le nouveau locataire du marais !


Alors que je monte ma batterie, je crois reconnaître la voix de mika. Je m’approche et je le vois au large de la pointe. Il semble avoir mis un fish à l’épuisette et rame maintenant dans ma direction. A son arrivée sur le poste, son sourire en dit long. Il ouvre le tapis et je découvre une superbe miroire passant largement les 20kg.
Il n’y a rien de plus re-motivant que de voir un grand poisson à peine arrivée sur le secteur !


A peine arrivée, un grand poisson tombe dans le secteur!


Pendant ce temps la, la brute fait mal. Il a vraiment réussi à conditionner les poissons sur ces appâts et tourne à une dizaine de touche par 24h.

Et qu’est ce qu’il fout le rasta là hein ? lol j’vous vois venir … pas de panique j’ai quand même fini par prendre quelques « poissonnets »

La dépose des lignes se fait dans la discrétion la plus totale et vers 18h tout est enfin en place. Le crépuscule arrive et les poissons se manifestent de plus en plus. Une bonne partie des sauts que j’observe se localise aux abords d’une énorme plaque de nénuphars qui longe la bordure d’en face inondée sous 1 mètre d’eau. Trois de mes montages occupent cette zone qui s’étend sur plus de 300 mètres de long. Ma quatrième canne pêche très près du bord juste devant le lieu de communication entre le lac et le marais. A cet endroit il y a très peu d’eau, mais je suis persuadé que les carpes y passent car bien qu’impêchable à cause des herbes, le marais regorge de nourriture et est une zone plus que propice pour la fraie.
Vers 21h le marais semble prendre vie. De nombreux remous proviennent directement de la zone. Certains ressemblent plus à de grosses chasses qu’à de véritables manifestations de carpes mais parfois aucun doute n’est possible et ce sont bien des poissons d’une quinzaine de kg voir plus qui se retournent en plein milieu du marécage.
A 22h je suis propulsé de mon level pour aller ferrer mon premier poisson sur le lac. Le combat est rapide et je découvre une petite commune d’environs 6/7kg dans mon filet.
Bon d’accord c’est un pin’s mais après 4 jours de taule çà détend !!!!
Je replace ma canne et à mon retour je découvre pour la première fois la voracité des rats de la région. Le paquet de billes que j’ai laissé sur le bed n’a pas fait un pli et je ne récupèrerais qu’une dizaine de billes sur le kilo qui a disparu.
Il est 23h et après un bon café je me laisse paisiblement emmener par le sommeil mais un départ violent me ramène à la réalité. Je saute dans le bateau à la rencontre du poisson qui est déjà rentré dans le banc de nénuph. Çà gratte un peu mais le poisson sort assez facilement, s’en suit un combat tout en nervosité au large pour enfin épuiser une jolie commune.


Une des fameuses communes …


En deuxième partie de nuit le vent froid se renforce et l’activité cesse. Le reste de la nuit est donc calme hormis les 5 ou 6 fois ou je fus réveillé en sursaut par quelques unes des milliers de bestioles bizarres, limite fluo, qui s’amusaient à escalader mon pif … beurk !
Au petit matin, l’activité reprend. Je capture à 20 minutes d’intervalles deux poissons d’une dizaine de kilos et c’est le début d’une excellente journée qui se soldera par 7 départs pour 5 poissons en parfaites conditions, et qui plus est, vierges de toute piqûre.

Il est temps de monter en calibre de billes car jusqu’à maintenant les 20mm n’ont produit qu’une seule touche de grand poisson que malheureusement je perdis après un début de combat bien plus impréssionnant.

Les 24h suivantes n’ont rien à voir. Je réduis de moitié mes touches, mais les poissons sont nettement plus intéressants. En pleine journée j’ai déjà eu la chance de capturer une miroir bien plus trapue que ses cousines communes mais c’est dans la nuit du 13 au 14 que la supériorité des grosses billes se confirme pour de bon.


La première miroire du marais


Alors que le vent souffle généreusement, quelques bips inhabituels me font sortir de mon duvet. Lorsque j’arrive auprès de la canne je remarque rapidement que celle-ci est déjà cintrée mais que le poisson ne semble plus bouger. Je m’empare de la canne, commence à pomper, mais le fish ne semble pas prêts à coopérer et me remet direct à ma place en traversant le banc de nénuphars sans que je ne puisse le bloquer. Le vernis de ma vielle sportex crack (je n’en rajoute pas) et je suis obligé de relâcher la pression. Par chance, les pieds de nénuphars sont encore jeunes et cassent facilement, en revanche le ponton écroulé qui se trouve juste derrière est un spot parfait pour perdre un poisson et m’oblige à saigner encore un peu plus ma pauvre canne. Je comprime au max et commence à flipper de décrocher le poisson. Heureusement on est encore vendredi 13 et il semblerait que ma poisse habituelle ait prit congé. Le poisson tourne et prend le large, je relâche la pression, pousse un long soupir de soulagement et peux enfin savourer ce combat puissant. Les coups de tête sont lourds, les rushes longs et tous en force, la belle m’oblige à slalomer entre mes lignes et cherche à rejoindre les nénuphs de gauche mais les arbres me gênent pour la contrer correctement. Arg, je suis vert, le poisson est à seulement 20 mètres, le bateau n’est pas dans la bonne trouée et ma seul chance maintenant est de rentrer dans l’eau car le fish est bel et bien tanké. J’enfile tant bien que mal mes waders et me retrouve avec de l’eau à la poitrine et 30cm de vase en guise de fond. Un peu dangereux vous me direz mais par chance les arbres sont assez près pour s’accrocher et éviter une noyade stupide. J’arrive dans le banc de nénuphars et commence à démêler. Le poisson est passé sous l’une des nombreuses racines qui montent parfois jusqu’à la surface et s’agite juste derrière. Il s’agit maintenant de ramener doucement le fish vers la racine et l’inviter à re-passer en dessous de celle ci. Affaire périlleuse mais à la deuxième tentative elle se libère et repart sur la droite. La belle a encore pas mal de jus mais ne parvient plus à rejoindre les obstacles et après 10 minutes de pur rapport de force elle passe enfin devant l’épuisette et je peux pour la première fois admirer mon adversaire. C’est une très longue miroire avec une tête massive qui avoisine certainement les 20kg.
Les 20 minutes de combat m’ont un peut ankylosé le bras et il est temps de la mettre dans le filet. Encore un effort … Yes !!! Je peux enfin souffler un bon coup et contempler le poisson.

Ce poisson parfaitement proportionné semble assez jeune, et n’a certainement pas fini de « pousser ».
Je baptise cette femelle « Marion » et lui offre une chambre deux étoiles pour la nuit ainsi qu’un passe photo pour le lendemain.

A suivre...
«Du rêve à la réalité il n’y a qu’un pas» 1ère partie : Un lac oublié
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| 5 Commentaires
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Re: «Du rêve à la réalité il n’y a qu’un pas» 1ère partie : Un lac oublié (Score : 1)
par Koyrus (-)
actif 10 Jan 2009 - 10:11
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Et bien, bel exemple pour la jeunesse, démissionner pour partir en session, c'est du chouette ça ;-)


Re: «Du rêve à la réalité il n’y a qu’un pas» 1ère partie : Un lac oublié (Score : 1)
par lac63 actif 10 Jan 2009 - 11:38

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c'est beau,la jeunesse libre!au delà de ce super récit,un vrai roots man comme je les aimes.


Re: «Du rêve à la réalité il n’y a qu’un pas» 1ère partie : Un lac oublié (Score : 1)
par prof actif 20 Jan 2009 - 16:08

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Ca m'a l'air très prometteur comme lac, avec un cheptel intéressant varié de commune et miroir (fort beau poissons en plus)!
Super récit encore une fois.

Au fait année 2009 année du boeuf...




   

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