Le soleil tape fort sur la plage, le ciel australien est magnifique et je suis entouré de plusieurs copines top models très légèrement vêtues. Ma bière est fraîche, il fait très beau et Nancy la superbe brune se propose de me masser le dos… je suis entre des mains expertes, tout se passe très bien, je suis vraiment au paradis mais il fait très chaud, trop chaud, beaucoup trop chaud même… j’ouvre un œil… je suis bien au bord de l’eau mais pas vraiment face à l’océan, mon superbe transat a été remplacé par un bed chair et mes copines top models on tout simplement disparu…çà y est je cogite, c’est ma sixième nuit capot sur ce putain de barrage et je crève de chaud enroulé dans mon duvet en plein cagnard ! J’ai la « pâteuse » et je comprends mieux pourquoi je rêvais de bière fraîche.
Je peine à sortir de mon sac, fais chauffer de l’eau pour le caf et appelle Matthieu qui se trouve beaucoup plus haut sur le barrage !
- « Allo ! Alors ! »
- « Que dal ! Et toi ? »
- « Que dal ! »
- « On dégage ? »
- « On dégage ! J’te rejoins dans 2h à la mise à l’eau. »

|
Let’s go to St GE !
J’avale mon café, charge le bateau et pars en direction du débarcadère. Il est à peine 10h du matin et le soleil me martèle déjà le crâne, Matthieu doit remonter sur Paris pour rouler de la bouille et ne me rejoindra que 5 jours plus tard. Je dois donc choisir un lac prolifique et refaire le plein de motivation après ce capot phénoménal.
Quelques coups de fil plus tard la décision est prise, direction Cabanac pour une session « tourisme/détente » avec Greg et Didier (çà promet !).
Il est environ 18h lorsque Matthieu me dépose au magasin à St Ge, mais aucune trace des deux compères !
1h plus tard, le 4x4 bleu finit par arriver, mais les plans ont changés. Le lac est bas, les fortes chaleurs récentes ont rameuté une bonne partie des poissons sur le haut du barrage et par conséquent, tout le secteur de Cabanac est plein à craquer ! De plus, on approche du week end du premier Mai et même si la pluie est annoncée, les convois de carpistes ne devraient pas tarder à arriver sur tout le lac.
- « Du coup, on avait pensé à Sarrans … » me sort Didier.
- « Quoi ? Sarrans ? Sans info ! et seulement trois jours ! » Ils sont FADAS!!!! « J’vous signale juste que çà fait 6 jours que je n’ai pas entendu un Bip, alors on pourrait peut être attendre un peu avant d’aller à Sarrans, non ? »
- « Bon, on verra demain, pour l’instant je vais te déposer à Cantaloub comme çà tu pourras essayer de gauler un fish dans la soirée ou bien demain matin » (Cantaloub est en secteur de jour)
Secteur de jour !!!
A mon arrivée sur le poste il est un peu trop tard pour tenter un coup du soir et c’est pourquoi je décide de jeter quelques bouilles en bordure histoire d’attaquer sereinement la pêche le lendemain matin. Le nombre de sauts est impressionnant, le virage est rempli de carpes, certains poissons semblent vraiment très massifs et je prends une nouvelle fois conscience que ce lac héberge une population de carpes hallucinante. La nuit durant je suis régulièrement réveillé par des « ploufs » un peu plus imposants que les autres et à 6h du matin je suis opérationnel derrière mon rod pod.
6h10 : P’tain elles sont en retard !!!
6h20 : Roooo, toujours pas de touche !!!
6h30 : Je finis par me recoucher.
Impossible de dormir avec tout ces sauts, mon cœur s’emballe à chaque frétillement de scion mais 2h plus tard aucune touche n’est encore enregistrée et je finis par me décider à placer une canne dans 10 mètres d’eau car jusque là mes montages étaient placés dans seulement 4 mètres au maximum.
Il est environ 9h quand j’aperçois au loin la mise à l’eau de Cabanac totalement remplie de carpistes déchargeant leurs bateaux. Un, deux, puis trois « convois » on le temps de passer devant moi avant que la canne relancée 30 minutes auparavant ne produise une touche violente ! A peine ferré le poisson explose en surface (j’vous rappelle qu’il y a 10 mètres d’eau quand même !!!) je peux apercevoir son joli dos doré se tortiller pendant quelques secondes avant que la belle ne replonge et entame un traver en direction de la bouée de réserve. Je maintiens la tension mais la belle est en colère et je prends un terrible rush dans les dents au moment ou je commence à penser que j’ai affaire à un « pins ».
Je freine la bestiole et parviens à lui faire faire demi tour juste devant la bouée, ma nouvelle petite canne dessine une courbe parfaite et le combat « short/claquettes » peut commencer. Il fait déjà très bon au soleil, le fish a « la patatte », le cadre est idyllique et quelques minutes plus tard je parviens à épuiser un joli poisson très long et assez clair que je décide de garder au sac en attendant l’arrivée de Greg.
Vers midi une voiture se gare sur la piste et Greg descend aux nouvelles :
- « Alors ? »
- « Baaaaaaaa y’a beaucoup de poissons mais pas beaucoup de touches !!! »
On « papotte » un moment avant qu’il ne reparte au boulot et je dois encore patienter un moment avant de connaître le poids du poisson de ce matin car Greg ne pourra me ramener un tapis de réception qu’en fin d’après midi (Allez, j’vous vois v’nir « hooo le boulet, il a pas de tapis pfffff c’est pas sérieux … bla bla bla… » Mais j’vous rassure, des tapis, j’en ai 4, c’est juste que je n’ai pas de tête et que j’ai oublié les miens au magasin).
Le soleil grimpe encore, les températures avec, et je privilégie donc une sieste à l’ombre après un repas léger.
Les sauts se sont calmés et les carpes sont empilées en surface, ce sont les heures les plus creuses de la journée et pourtant un de mes détecteurs se met à hurler !!!! Petite course sur les rocher et prise de contact avec la petite effronté. Le poisson « pet la forme » et je m’éclate un bon quart d’heure avant d’apercevoir une jolie torpille. Le nez dans les cailloux, le poisson longe la berge à la recherche d’obstacles mais « pas de bol » pour lui, la zone est propre. Encore quelques efforts et le trésor à écaille se retourne dans le filet. Elle est moins longue que l’autre mais beaucoup plus sombre et je décide de la garder également.
Vers 18h Greg arrive avec le tapi, et il est maintenant temps de lutter contre les claques des deux mémères qui accuseront respectivement les poids de 17,8kg et 13,6kg.
Finalement la destination pour le week end est remise en question, 3 jours à Sarrans, çà fait un peu juste et les résultats sur Cabanac sont plutôt intéressants. Ca va être la course au poste mais bon, c’est décidé, nous pêcherons le lac ce week end.
Week end de 4 jours… Pas bon !!!
Le lendemain matin Greg passe me chercher et c’est parti pour la recherche d’un poste de préférence tranquille et si possible en zone de nuit. Les quelques 18 batteries présentes sur le secteur de Cabanac réduit de moitié par l’installation des frayères à sandre est directement rayé de notre liste ; les 6 batteries présentes au Roudil nous font pâlir ; les Malavals, pleins à craquer, sont également à exclure et le secteur du barrage étant aussi occupé, nous fait vraiment cogiter… Le lac est décidément « blindé » et c’est bien parce que les bateaux sont chargés et qu’il est bientôt 17h que nous ne nous replions pas sur un autre lac de la région. Didier n’arrivant que le lendemain matin, nous décidons de passer cette première nuit sur un poste, déjà « short » à deux, se situant entre le Roudil et les Malavals.
Les lignes sont placées aux tangon pour réduire la quantité de bannières dans l’eau et alors que je suis perché dans la falaise d’en face pour accrocher mon cassant, ma canne de gauche s’emballe forçant Greg à allez ferrer à ma place. Il monte dans son bateau pour aller à l’aplomb du poisson tandis que je stoppe mes occupations et fonce avec mon zod pour être aux premières loges. Je suis dégoûté de ne pas avoir mon caméscope car les images auraient été excellentes.
Greg subit les rushes violents du fish qui à deux reprises tente de passer sous ma propre embarcation et c’est quelques coups de tête plus tard qu’il parvient à épuiser un poisson que l’on estimera à une douzaine de kilos.
S’en suit une nuit très calme hormis la capture d’un petit poisson au matin et à l’arrivée de Did, le Roudil se libérant, nous déménageons vers ce poste VIP que beaucoup de monde connaît.
Quand St GE se met sur Off !
A notre arrivée, la courte paille détermine les postes de chacun et je me retrouve entre Greg et Didier. L’installation se fait dans le calme le ciel s’assombrit quelque peu et il est maintenant temps de préparer la bouffe qui nous donnera la force d’empiler les fish toute l’après midi (confiant le gars… un peu trop, vous allez voir…). A vrai dire, on aurait pu s’abstenir de manger, et ce, pendant tous le week end car ce n’est pas avec le seul poisson suicidaire que prendra Didier à quelques heures de la fin du week end que nous nous sommes dépensées ! Bilan catastrophique pour trois pêcheurs qui n’en sont pas à leur coup d’essai sur ce lac et après récolte de quelques infos, il semblerait que le week end ai été calme pour pas mal de monde également. C’est aussi çà Cabanac, un lac où une taule monumentale est aussi probable qu’une pêche de folie et croyez moi, on en parle beaucoup moins, mais les capots sont beaucoup plus fréquents que les vrais cartons.
Une dernière nuit au barrage ?
Nous sommes le 1er Mai, et il me reste une dernière nuit avant l’arrivée de Matthieu, de nombreux postes se libèrent mais vu l’ensemble des résultats je suis de plus en plus chaud pour passer une ultime nuit à l’ouvrage. Greg et Did sont bien tentés par un « coup du soir » et c’est donc remonté à block que nous arrivons en fin de matinée sur la grosse pointe du barrage. Quelques heures plus tard les 2 acolytes rendent définitivement les armes face à l’arrivée d’un bon gros orage et surtout dépités de ne pas avoir vu un seul saut sur l’un des secteurs où çà « clak » le plus d’habitude !

l'orage approche
Les poissons semblent avoir déserté la zone en raison d’une frai imminente et c’est peut être l’occasion de toucher un gros poisson en retard sur ces congénères. La nuit arrive, la pluie avec, et il est temps pour moi de me réfugier sous mon parapluie, car l’orage s’intensifie rapidement.
5H00 : Un bip me sort de mes rêves ! J’ouvre un œil et scrute l’eau… Merde les troncs ! C’est certainement l’un d’entre eux qui a ramassé une de mes lignes mal plaquée!

il traine quelques branches dans le secteur...
Bip, Bip ! C’est mort, j’sors pas du duvet, çà flotte de trop !
Bip, Bip, Bip ! Alala, obligé de sortir si je veux pouvoir me rendormir !
A peine sorti, je me rétame la face sur la terre gorgée de flotte et les injures fusent de ma bouche tellement la transition entre mon duvet bien chaud et ce bain de bouillasse est irritante. Je me relève, m’empare de la canne et Vlam ! 2ème vautre ! « P ….. de B….. de M ….!!!!!! Saloperie de troncs ! » Je me relève à nouveaux, ferre et sent un poids lourd … « Ben voyons ! Et en plus, je ramène une branche !!!! »
Fâché, je treuille, et cinq tours de manivelles plus tard, un poisson explose en surface ! Ma canne se cintre, mon moulin se met à cracher de la tresse violemment et je prends conscience d’un détail …heuuuuuu, ce n’est peut être pas une branche finalement!!!
Ce premier rush est hallucinant, je ne peux que m’incliner face à la puissance de cette locomotive et mes jambes commencent à trembler de peur que le poisson ne se décroche suite au précédent treuillage. Mètres après mètres, le rush perd de son intensité et le poisson finit par se retourner. La furieuse doit sûrement avoir dépassé le tombant de l’ancienne route qui passe à environ 30 mètres de moi et je prie pour qu’elle ne plonge pas vers les abysses du lac ce qui entraînerait une casse inévitable. Ca gratte un peut, mais il semblerait que ce soit mon jour de chance car la tête de ligne tiens le choc et je gagne de plus en plus de terrain sur mon adversaire.
Mais la bête n’est pas fatiguée et repart de plus belle sur ma droite en longeant la bordure et là encore çà gratte sec (faut dire, que les obstacles ne manquent pas au barrage … entre les rochers et les troncs coulés le terrain est vraiment miné !!!).
Le bois flottant ne me facilite pas la tâche et me force à plonger le scion de ma canne dans l’eau à plusieurs reprises.
Les coups de tête sont puissants et je suis maintenant persuadé d’avoir affaire à un beau poisson. La tête de ligne rentre dans les anneaux, la belle est maintenant face à moi et je n’ai, bien évidement, plus de pile dans ma frontale ! Pas grave, çà va se jouer au feeling, je commence à être habitué à ce genre de situation… les remous se rapprochent, la tension monte ; premier essai … merde raté !!! Le fish repart, mais il n’a plus vraiment la force de lutter, 2ème tentative … YES !!! Elle est dedans!
J’approche le filet et tente de voir quelque chose mais impossible de distinguer correctement le poisson! Je démonte l’épuisette, enroule le filet et HOUTCH … j’ai confirmation de ce que je pensais… c’est vraiment un joli poisson !
Une fois posé sur le tapis, je sort ma « lampe de survie » et peux enfin contempler le fish. C’est une magnifique commune, très sombre qui accusera le poids de 20,2kg.
Le lendemain, lors de la séance photo, les couleurs du poisson sont d’autant plus mises en valeur par la lumière du soleil, et ce n’est qu’après le traditionnel bisou que la belle rejoindra les profondeurs du barrage.
S'en suit l’arrivée de Matthieu et le début de nouvelles aventures, cette fois ci sur des eaux relativement vierges de toute pression de pêche ce qui rajoute un piquant dont je peux de moins en moins me passer.
Malgré une surpopulation de carpistes sur ses berges, le barrage de Castelnault Lassous Lous reste et restera magique de par son cadre et son cheptel hors du commun et je souhaite à chacun de vous de pouvoir vivre ces mêmes émotions à conditions de respecter le site et ses poissons sans oublier les habitants de la région et les autres pêcheurs, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas … merci d’avance.
Mesa.