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  Otary letter "Quand changer de poste en session" contribution de John
Transmis par: TheOne! actif Mardi, 01 Décembre 2009 @ 00:00
Contribution de John :
Quand changer de poste en session ?



En préalable a ce billet, je voudrais préciser deux points. Le premier c’est que ma réponse ne concernera que des plans d’eaux suffisamment vaste et subissant une faible pression de pèche pour permettre une mobilité maximum. Il est évident que si l’on doit s’installer là où il reste de la place l’argument de la mobilité perds une grande partie de son sens. Etre mobile c’est aller au devant du poisson, pas attendre qu’ils arrivent sur les postes restés disponibles. Le deuxième point c’est que je fais partie de ces pécheurs qui pratiquent ce que JF appelle la pèche au « feeling » ce que le capitaine Ed formule en « l’inconscient compétent » : je ne me pose jamais 1000 questions pour rationaliser ce qui ne l’est pas. Il est donc difficile ici d’apporter une réponse formelle et valable en toutes circonstances, tout au plus puis-je détailler a partir d’exemples tiré du terrain un certains nombres de constat a posteriori. C’est ce que je me propose de faire ici en évoquant deux situations complètement opposées. Au cours de la première partie, je vais montrer qu’être mobile aboutis parfois a l’impasse sur les lacs tres riche en ressource alimentaire où localiser les poissons ne suffis pas toujours pour les prendre. Dans la deuxième, je vais expliquer en quoi changer de postes fréquemment en session sur les lacs de barrages, pauvres en ressources, est pourtant souvent une des seules solutions pour obtenir des bons résultats régulièrement.





De l’impasse a la réussite, leçon de la Foret d’Orient :

Cette petite histoire remonte a loin maintenant, au tout début des années 2000. Relativement novice dans la pèche des grandes étendues je m’étais rendus fois au réservoir Seine à la fin de l’automne. La première session avait été initiatique et grâce au pif de mon pote Loic, qui connaissait assez bien le lac, nous étions directement tombés sur un rassemblement de poissons. La pèche avait été très physique étant donné la météo mais nous avions alignés les touches les unes a la suite des autres au cours de la session, sans changer de poste : c’était presque trop facile stratégiquement parlant. J’y revenais l’année d’après avec Karl, un peu la fleur au fusil il faut bien le dire. Le scénario fut nettement moins favorable pour notre égo. Nous avons passé toutes la semaine à aller d’un poste à l’autre, d’une manière un peu anarchique, en grappillant seulement quelques petits de poissons. Nous nous sommes épuisés sur des postes stériles, arrivant au bout de la semaine avec un minable bilan et la sensation d’avoir vraiment loupé le coche. Cet échec illustre bien les écueils de la mobilité. On pense toujours que le poste suivant sera meilleurs, on perd du temps en changement de poste, on se fatigue, on perd confiance, on pèche sans inspirations. C’est l’échec. Le problème se pose surtout sur les lacs les plus riches en nourriture naturelle, où le poisson ne s’alimente franchement sur nos appats que lors de courtes périodes. Sortis de ces périodes fastes, nulle besoin de courir a chaque coin du lac toutes les 24 heures en espérant tomber sur des poissons actifs. En effet, une des solutions est venue bien des années plus tard grâce a mes potes Francois et Matthieu qui avaient accumulé beaucoup d’expériences sur le lac les années précédentes. En pré-amorçant des postes et en planifiant intelligemment les changements de postes, nous avions réussis a considérablement améliorer les rendements par rapport a nos amis qui pêchaient en même temps que nous, mais d’une manière bien plus mobile et en spots.



Mon analyse, c’est que ce type d’approche, compromis entre mobilité et préparation de postes se révèle plus régulièrement productive qu’une approche complètement itinérante sur les lacs les plus riches en nourritures naturelles. Pour autant, sur des lacs plus pauvres où les poissons sont plus facilement capturable, une grande mobilité est souvent la seule solution pour optimiser les rendements.

La mobilité comme clé du succès en lac de barrage, expérience aveyronnaise :

Cette fois je vous emmène sur les pentes schisteuses des barrages Aveyronnais, avec des climats rudes, du cailloux et du sable comme seul substrat, des eaux pauvres, souvent peu minéralisée qui obligent les carpes a être opportunistes dans leur alimentation. L’aventure a commencé en 2003 quand mon pote Yann, habitant encore à Rodez, m’a initié à ces lacs encore très peu péché à l’époque. Les barrages aveyronnais contiennent a peu prêt tous des cheptel au départ assez peu fournis les années suivant les vidanges, qui se densifient avec le temps sous les effets combinés de la reproduction naturelle et des apports exogènes de poissons. En général cela donne à maturité un cheptel restreint de grand poisson (>20kg) accompagné par un nombre sans cesse croissant de cohortes de poissons plus petit. Dit autrement, faire du poisson est rarement compliqué, accéder aux poissons intéressants l’est nettement plus.



Le constat a toujours été a peu prêt le même. Un poste occupé produisait très rapidement du poisson mais rarement durant plus de 48H. En général, l’essentiel se passait d’entrée de jeu surtout au niveau des plus gros poissons (« les plus grosses se prennent en premier »). Puis, le coup s’asséchait, comme si il n’y avait plus assez de poisson actif sur la zone, où comme si les captures répétées faisait fuir les poissons encore présent. En général, passé ce moment d’euphorie, le poste ne produit plus des miettes et on restait toujours « une nuit de trop » sur un poste stérile. Il est temps de trouver du poisson ailleurs. Les moments les plus excitants de cette pèche sont les « montées » ou les « sorties » de poissons regroupés en paquet sur des secteurs bien précis. Si on a la chance où le « pif » de devancer le phénomène (« avoir un coup d’avance ») et de bien se positionner pour intercepter un maximum de poisson, on peut passer des nuits blanches à combattre, retendre, combattre, retendre et arriver au petit matin « cassé » ; mais avec de larges ombres noires ondulant dans les sacs de conservations. Cela m’est arrivé peu de fois, mais cela reste parmi les plus intenses souvenirs qu’il me reste.





En étant très mobile, exerçant une pression de pêche intense mais brève, jamais plus de 48H sur un poste, et même 24H sur un poste qui n’avait pas fournis de poisson correct, on amortit l’influence du hasard et je ne crois pas une seule fois être redescendu dans la plaine Toulousaine avec une carte mémoire vierge de toutes photos de belles carpes. Qui plus est, sur les deux lacs où j’ai le plus insistés, un lac de plateau et un lac de vallée encaissés, je crois en moins de 25 nuits dans les deux cas avoir mis à l’épuisette les plus gros poissons du lacs, tout du moins parmi les connus. Bien sur on trouve toujours des situations atypique, comme l’année de mon retour en région parisienne, où avec mon pote Matthieu (celui d’Orient, retour d’ascendeurs oblige…) nous avons péché un poste où, docilement, les carpes se sont suicidées les unes a la suite des autres avec une régularité métronomique pendant presque 6 jours sur le même poste. Cela n’arrive pas que dans les rêves, mais c’est assez rare, cela ne m’est guerre arrivé plus de 2 ou 3 fois sur des dizaines de sessions.




En synthèse, et bien qu’il soit toujours difficile d’affirmer des règles universelles, je pense que des poissons facilement capturables, car habitué à devoir se nourrir d’une manière opportuniste, se pèchent aisément en étant très mobile, l’essentiel étant de les localiser puis de les prendre rapidement avant qu’ils n’aillent ailleurs. Cette conclusion tirée de plusieurs années d’expérience en lac de barrage dans le sud-ouest avoue ses limites sur les grands réservoirs de l’Est. Sur ces eaux plus riches où les carpes sont moins enclines à se nourrir sur nos appâts, le paramètre localisation couplé à une fréquente mobilité ne suffit pas toujours pour réussir. Une difficulté supplémentaire c’est qu’il faut en plus maitriser le paramètre amorçage, ce qui induit beaucoup de contraintes, notamment sur les quantités à acheminer et le temps de réponse pour conditionner des poissons.
Ainsi, la confrontation de ces expériences si différentes induit émulation et une envie toujours renouvelée d’aller se mesurer a ces grandes étendues. Cette remise ne question régulière me semble bien plus excitant que de pécher en permanence et de la même façon le même lac depuis des années et des années ; remplissant a bon compte des albums photos avec des poissons un peu trop facilement acquis…


   

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