Contribution d'AnthonyT :
Vaste question s’il en est !!! Si l’on part du principe que la pêche de la carpe est une pêche d’attente, pourquoi changer de poste ??? La pêche se résume pour la plupart à trois grands principes :
_ Les poissons sont là et actifs, alors on se gave.
_ Les poissons sont là et inactifs, alors on va patiemment attendre qu’ils se mettent à table.
_ Les poissons ne sont pas là, alors on va patiemment attendre qu’ils arrivent !!!
Et oui, d’aussi loin que je me souvienne, le maître mot qui a toujours résumé notre passion est : patience !!! Mais tout n’est pas aussi simple !!! Certains, de plus en plus nombreux, et dont je fais parti, n’hésitent pas à changer de poste, quasiment pour un oui ou pour un non pourrais-t-on dire !!! Alors la patience, oui, mais elle a ses limites.
Le but du jeu n’est pas de bouger pour le simple fait de bouger, mais bel et bien d’apporter un plus rapide à sa partie de pêche afin d’atteindre l’objectif que l’on s’est fixé. Je vais donc vous conter ma vision de la chose…
Je pratique actuellement deux sortes de pêche :
- La première catégorie, la pêche je dirais, de tous les jours. Pêche en rivière, lac ou gravière, elle est la plupart du temps effectuée sur un laps de temps très cours, rarement plus d’une nuit. Là, le choix du poste est primordial dès l’arrivée et toute erreur est sanctionnée par un retour à la maison la queue entre les jambes…
- La deuxième catégorie, elle, est celle des sessions. Quasiment toujours en lac, plus rarement en rivière, c’est dans 90% des cas sur un lieu que je ne connais pas. Mon trip, c’est de découvrir. Et c’est dans cette catégorie que je peux me permettre de changer de poste. Parce que lorsque l’on part à l’aventure sur un nouveau lieu, les poissons sont rarement d’entrée de jeu là ou on le voudrait, là ou on l’attend. Et changer de poste régulièrement permet de vite découvrir le lieu ou l’on va vivre pendant quelques jours.
Mon approche est donc la suivante : dès mon arrivée, je cherche. Je cherche quoi ? Tout ce qui peut être intéressant pour trouver nos jouteuses. Suivant la taille du lac, un ou plusieurs postes peuvent être intéressant, et à défaut de repérer des poissons actifs (ce qui facilite la pêche et les prises mais donc nous évite les déplacements, et ne nous intéresse pas ici), je m’installe sur le poste le plus prometteur (souvent au feeling). Donc, si les poissons n’ont pas répondu après une nuit de pêche, et que l’activité à la tombée de la nuit et au lever du jour ne m’a pas convaincue, voilà de suite ma première raison de changer de poste !!! Il m’est arrivé une fois de pêcher le poste dont je rêvais depuis plusieurs mois au fin fond d’un lac de barrage, et après une nuit plus que calme, suivie d’un poisson à l’aube, je fus tiraillé entre deux possibilités : mon cerveau qui me disais de bouger de suite car le poisson n’était visiblement pas actif sur ce secteur tant convoité, et mon cœur qui me disais de rester car ce poste que je désirais tant pêcher, je l’avais !!!

« THE » poste à fantasmes !!!
Résultat des courses, je prolonge, et après la deuxième nuit, capot… Bref, deux nuits de perdus sur un total de six… après avoir parcouru des centaines de kilomètres, le moment était venu de changer très rapidement de poste !!! Donc j’ai retenu une chose de cette session : ne jamais partir avec une idée préconçue de ce que l’on veut faire. Bref, après avoir rechargé le bateau, et après avoir parcouru un bon kilomètre, un premier saut dans le lointain suivi d’un deuxième me confirmait que je m’étais bel et bien planté pendant 48h… Et là, plus besoin de changer de poste !!!
Un autre cas de figure qui m’est arrivé la saison passée : alors depuis quelques années, je préfère toucher moins de poissons mais de plus beaux (pour ne pas dire de plus gros…), après quasiment 3 mois d’abstinence, mon objectif était de faire fumer mes bobines et de faire craquer le verni. Après une nuit, sans touche ni activité, je change de poste. En ce mois d’avril, il pleut énormément, la température extérieure et celle de l’eau chute très vite. Je remonte vers le barrage, et après une nuit sur un nouveau poste, une belle et grasse commune me rend visite. Mais je pars quand même me balader, et découvre des poissons actifs quelques centaines de mètres plus haut. Je recharge le bateau pour la troisième fois en trois jours, alors qu’il ne me reste que trois nuits. Et là, jackpot.
Donc les deux premiers cas de figure sont ceux les plus naturellement usités. On change de poste jusqu’à avoir trouvé les poissons. Pour ça, il faut donc ne pas réfléchir longtemps, car le temps est précieux et les poissons rapides, et surtout, prospecter beaucoup !!! De la volonté, de l’huile de coude et zou, c’est parti !!!

Il faut éviter d’être surcharger pour pouvoir changer de poste rapidement !!!
Une autre façon de changer de poste, bien moins « naturelle » celle-ci, est de bouger simplement pour éviter la garderie. Car pêcher en lac, en cherchant le poisson, c’est bien souvent pêcher hors secteur, sous entendu qu’il y ai un ou des secteurs de nuit… Bref, même bien planqué, il peut arriver que l’on se fasse repérer par la garderie. Deux solutions s’offrent alors : rester, et prendre le risque de se faire ramasser (Ouest power !!!, j’ai eu des cours particuliers récemment…) ou changer de poste. Mais en fin de saison, il est parfois tout simplement impossible de se planquer, surtout sur les réservoirs qui voient leur niveau diminuer de jour en jour. Les postes sont visibles de partout !!! Une solution qui a bien marché, est simplement de pêcher un poste de jour, et un deuxième poste de nuit. Sur des réservoirs de petite taille (moins de 200 hectares), les tenues de jour sont souvent vers la digue et les poissons bougent vers les queues du lac dès la tombée de la nuit. Donc, à la question initiale « quand changer de poste ? », là, c’est très simple : avant la tombée de la nuit, pliage du matos à la vue de tous. Une fois la nuit venue, on se dirige vers le deuxième poste. Là, il faut être organisé de façon à ne jamais allumer de lampe. Le matin, réveille avant l’aube, et changement de poste direction celui de jour. Mais à trop jouer au chat et à la souris, on fini parfois par se faire prendre. Néanmoins, cette technique a un deuxième avantage, suivre les mouvements des poissons. Cela permet de pêcher sur les zones de tenues de jour et sur les zones d’alimentation nocturne. Et de faire d’une pierre deux coups : on évite les problèmes (procès verbal, saisie de matériel…) et on prend du poisson !!! C’est ça qu’est bon !!!
Depuis quelques années, un autre type de pêche se « démocratise » : la pêche en barque. Je m’y suis aussi collé aussi depuis 2007. Et là, le changement de poste est fréquent. Chercher le poisson, trouver le poisson, suivre le poisson, tout un tas de possibilités que je compte mettre en pratique dès cette saison. Je m’y suis essayé et j’ai aimé. Comme je l’expliquais au début, mes pêches habituelles sont des pêches « rapides » car rarement plus d’une nuit. Alors là, j’espère pouvoir pêcher directement sur les poissons !!! Ne reste plus qu’à les trouver…

Premier poisson pris après ma première pêche itinérante en barque.
Alors que répondre finalement à cette question de départ : changez de poste dès que l’envie vous en prend, dès que le besoin s’en fait sentir !!! Le feeling (ou « sens de l’eau » pour certains) fait qu’il m’est souvent arrivé de changer de poste, à bon escient. Mais si je pense que les conditions ne seront pas meilleures sur un autre poste, si je ne le sens pas, je préfère changer d’eau !!! Et même de région, afin de changer de conditions climatiques, qui souvent dictent l’appétit de nos belles !!! Sinon, si le poste 13 se libère à Pescalis, ben j’hésite pas, je fonce !!! Sur un malentendu, y’a p’têt moyen de moyenner…
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